Dopage : le syndrome Obélix

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syndrome Obélix

Le sprinter britannique Dwain Chambers et l’américain Justin Gatlin ont une histoire assez similaire et plutôt surprenante…

Un peu d’histoire :

Dwain Chambers est recordman d’Europe, champion d’Europe, il fait partie des tout meilleurs de sa catégorie, mais, en 2003, il se fait pincer pour dopage.

Contrairement à de nombreux athlètes dans sa situation, il avoue tout et écrit même un livre « Raise against me » ( Mon dépassement) dans lequel il décrit sa réalité de sportif dopé, un livre glauque à souhait !

Gatlin à une histoire similaire puisqu’il est médaille d’or à Athènes en 2004, champion du monde, recordman du monde, en bref, c’est le meilleur sprinter du monde. Mais en 2006, il tombe pour dopage et collabore avec la justice et voit d’ailleurs sa peine se réduire passant de 8 mois de suspension à 4.

 

La surprise :

À la suite de ces problèmes, les deux sprinters reviennent sur le circuit après 4 ans d’absence et très curieusement, ils reproduisent les mêmes niveaux de performance qu’à leur époque de gloire… Sans dopage !

Les deux athlètes ont bien sûr juré qu’ils avaient bel et bien renoncé au dopage.

Mieux encore, sans dopage, ils ont battu l’un et l’autre leurs records sur 60 mètres et deviennent respectivement champion du monde indoor en 2010 (Chambers) et 2012 (Gatline).

Tout le monde est bien entendu très intrigué.

Dans cette situation, deux hypothèses logiques s’offrent à nous :

  • Ils se foutent de nous
  • Le dopage ne sert à rien

Si  beaucoup de personnes les ont soupçonnés de dopage, il y a peut-être une troisième hypothèse…

 

Le syndrome Obélix :

Selon cette hypothèse, les deux athlètes continueraient à tirer profit d’un dopage très ancien, quand bien même ils ne reprendraient plus leurs anciens produits.

Cette hypothèse aurait été jugée absurde quelques années en arrière, mais trouve du crédit aujourd’hui grâce aux travaux en épigénétique.

L’épigénétique : c’est une branche de la recherche qui s’intéresse à se qui se passe entre l’inné et l’acquis et comment les médicaments, le dopage, etc. peuvent interagir avec le génome et permettre l’expression de certains gènes à la place d’autres.

On peut donc imaginer qu’avec des années de dopage derrière eux à forte dose, ils ont induit des mutations dont ils tireraient toujours les bénéfices aujourd’hui, un petit peu à l’image d’Obélix qui est tombé dans la potion magique étant petit et qui, même sans boire de potion, développe une force surhumaine.

 

Que devient alors un sportif piqué pour dopage ?

C’est une des grandes questions que l’on peut logiquement se poser, si un sportif se dope et conserve dans le temps des qualités hors normes, doit-on accepter son retour dans les compétitions.

Ce serait logique. L’Angleterre avait d’ailleurs décidé cela, en mettant en place un accord qui disait qu’un sportif dopé, quand bien même il purgerait sa période de suspension, ne pourrait revenir dans une sélection olympique.

Cette règle a été attaquée par des athlètes, notamment par le fameux Chambers qui a remporté son procès et a pu participer aux JO 2012 de Londres.

On estime d’ailleurs qu’il y eut 80 athlètes dans un cas similaire, pris pour dopage et qui ont pu participer aux Jeux olympiques.

 

Est-ce juste ?

Chacun doit se faire son avis sur la question. Disons que cela pose un problème, car si on apporte l’idée d’un dopage qui perdure dans le temps il n’y a plus de notion de « fairplay ».

Mais cette problématique soulève un autre problème, car depuis 2004 on établit une distinction dans la liste des produits interdits. Certains produits sont toujours interdits comme l’EPO et d’autres produits ne sont interdits qu’en période de compétition :

  • Amphétamines
  • Cocaïne
  • Cannabis
  • Morphine
  • Etc.

En effet, en ayant raz le bol de pincer des sportifs qui avaient fumé un joint, etc. trop fréquemment, cette loi de distinction a été mise en place. Si la prise de certaines substances n’est pas recommandable avant une compétition elle n’est cependant plus interdite.

Si les effets du dopage ont des effets dans le long terme, voire même à vie, il n’y a donc plus de raison d’opérer cette distinction.

D’ailleurs, l’agence française de lutte contre le dopage dénonce cette situation depuis que la loi a été adoptée en 2004.

 

Y a-t-il un impact sur les enfants de ces sportifs ?

On peut se poser la question. Si le dopage transforme les gènes, alors cela pourrait se transmettre à l’enfant.

C’est un sujet tabou dont le voile a été légèrement soulevé en Allemagne lorsque cette dernière était coupée en deux, car les enfants malformés de certaines athlètes laissaient à penser qu’ils l’étaient à cause du dopage.

Plus récemment, nous avons des témoignages, en l’occurrence d’Algérie, dont les joueurs de football des années 80 ont eu un pourcentage élevé d’enfants présentant divers handicapes. Sur 50 à 60 joueurs, 8 ont eu des enfants handicapés, parfois même plusieurs par famille.

On peut donc se demander si ce n’est pas une conséquence d’un dopage. Une enquête toujours mystérieuse.

A contrario, Chambers et Gatlin ont eu des enfants en bonne santé.

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